Bikers de tous les pays, bienvenue au HOG !

Ade Russel – Ready to Roll ! Munich Capter

Si, quand vous croisez un biker, vous voyez sur son blouson un écusson « H.O.G. », n’allez pas imaginer qu’il s’agit d’un cri de guerre ou de ralliement. Ce n’est pas non plus le cri de l’aigle aux ailes déployées qui veille sur ces trois lettres. C’est le signe qu’en tant qu’Harleyiste il est membre d’un club de passionnés, ou à plus proprement parler d’une communauté, la plus grande jamais créée par une marque d’usine auto-moto : le H.O.G.

Le succès de ce club de propriétaires de H-D, fondé en 1983 par les dirigeants de la Fabrique de Milwaukee, a été foudroyant. Créé dans le double but avoué de tisser du lien entre possesseurs de H-D et de dynamiser les ventes, aujourd’hui le HOG compte à travers le monde un peu plus de 900 000 membres qui fraternisent quelle que soit leurs origines sociales, leur couleur de peau, et qui se soutiennent mutuellement. Si l’achat d’une Harley permet à tout motard de devenir membre de facto du HOG, le sentiment valorisant d’appartenir à un groupe fermé, à une tribu héritière d’une légende est pour beaucoup dans son succès.

Brotherhood of bikers, un pacte entre propriétaires de Harleys

Car faire l’acquisition d’une Harley, ce n’est pas simplement acheter une moto, n’en déplaise aux autres marques. C’est être déjà dans un état d’esprit. Chacun ou chacune à son niveau participe du Harley state of mind : aimer les grands espaces, l’Amérique, afficher son côté rebelle, être rock’n roll dans sa tête, savoir que l’on est solidaires avec les autres bikers.

Fondé en 1983, le HOG, club mondial et officiel des propriétaires de H-D, fait pendant aux gangs de 1%ers, trop marginaux au goût des nouveaux Owners. La raison d’être de ce club est de créer un état d’esprit communautaire entre bikers non marginaux en organisant des raids, des activités de groupes, des rassemblements festifs.

Le Hog des origines devient aigle sur le blason

Cet acronyme HOG fut à la base un surnom donné dans les années 20 aux pilotes de la Marque, qui remportaient à l’époque la plupart des courses de dirt track et d’endurance. On les appelait les Harley Hogs parce qu’ils avaient coutume, quand ils gagnaient une course, de faire un tour d’honneur avec un petit cochon. Par extension, ce mot HOG a été utilisé dans les années 50-60 pour désigner les machines de la Marque. Ainsi, quand le premier club de propriétaires est apparu, il a tout naturellement hérité de ce nom. Ca tombait bien, ça faisait Harley Owners Group !

Le patch officiel du H.O.G. représente un aigle, à la fois symbole des Etats-Unis et de la Compagnie, qui déploie ses ailes au-dessus des trois lettres et tient dans ses serres – signe d’appartenance mais aussi de protection – la roue à rayons du O, laquelle rappelle les premiers modèles de la Fabrique. Une référence au passé qui invite à prendre soin de son glorieux héritage.

Contrairement aux insignes des gangs de motards tels les Outlaws ou Hell’s Angels, qui séparent leur nom du blason pour marquer leur farouche indépendance, le logo du H.O.G est d’une seule pièce, mêlant l’aigle aux trois lettres et à la bannière « Harley Owners Group ». Ceci pour affirmer l’homogénéité du club, une fraternité internationale de motards auquel tout chapter est rattaché. Le rocker, le patch en forme de banane qui porte le nom du chapter, est placé en haut ou en bas du blason.

Vladimir Vuynov – HOG Minsk Belarus Chapter

A la fois tendance de fond et géniale idée marketing

Eclose dans les années 80, une nouvelle génération de bikers, diplômée et bien plus intégrée à la société que les pionniers rebelles ou hors-la-loi, arrive sur des Harley plus adaptées à leurs modes de vie, à leur standing et à leurs loisirs. Et comme il est humain de se regrouper entre gens qui partagent les mêmes valeurs, ces urban bikers se sont reconnus dans ce vaste Club créé pour eux, et qui dépend directement du Saint des saints de Milwaukee, lequel regroupe tous les chapters parrainés par une concession. Il y a cependant un courant « free chapter » de bikers qui ne veulent pas dépendre d’une concession, mais ces chapitres libres font tout de même partie intégrante du H.O.G., auquel ils ont fait allégeance. Au total, il existe 1435 chapters officiels de par le monde.

L’idée de se structurer en chapters a été directement empruntée aux gangs de hardcore bikers, qui eux-mêmes ont emprunté ce nom de chapter à certaines sociétés secrètes. Cette appellation véhicule donc l’image d’un club très fermé, d’une fraternité à la vie à la mort, et sous-tend une grande responsabilité des membres envers les autres et envers le respect des valeurs défendues. Voici une preuve parmi d’autres que l’intégration par la Compagnie de certaines valeurs et codes des 1%ers a porté ses fruits.

Chez nous en France, comme on a toujours 10 ans de retard sur l’Amérique, le H.O.G. made in France s’est constitué en Chapters à partir de 1993.

H.O.G. mode d’emploi

Et appartenir à ce grand club apolitique centré sur la famille est un honneur. Pour y adhérer, il suffit de posséder une H-D, mais pour y rester il faut lire et respecter la Charte du H.O.G. Pour se rassembler et se reconnaître, les membres de la confrérie, entre autres signes de reconnaissance et de ralliement, arborent leurs Harley ride bells frappées du logo du HOG, dont plusieurs modèles sont disponibles la boutique HD 35. Cette fameuse cloche H-D est l’un des symboles de la Marque (au milieu d’un catalogue de produits dérivés gros comme un bottin…)

C’est un concessionnaire qui, s’il est jugé par la Compagnie digne de la représenter, devient Official Dealer pour une région et parraine un chapter. Les dirigeants et les administrateurs des HOG sont des bénévoles, comme dans les associations. Pour assurer la sécurité lors des balades et raids, un membre est nommé Road Captain et un autre Safety Officer. Et il y a des règles de bonne conduite : le groupe roule toujours par deux colonnes en quinconce, et les dépassements ne sont pas autorisés.

Jase – Hogs

Une fraternité en rupture avec l’esprit hardcore biker

Sous leur carapace de durs à cuire, qui sont réellement les H.O.G. members ? Nombre d’entre eux ont adopté les insignes 1%, les gros bras tatoués et les virées viriles ( même s’ils sont moins machos, à preuve les nombreux chapters féminins du HOG ). Mais s’ils ont conservé pour beaucoup la low ride attitude avec la position custom sur des Softails Crossbones, ils ont résolument tourné le dos à l’esprit « Born to loose », au jusqu’auboutisme des hardcore bikers enragés sous le casque-gamelle qui cultivaient un curieux mélange d’amour de la Bannière Etoilée et de mode de vie marginal. D’ailleurs, des HOG participent parfois à des actions de soutien pour les enfants malades ou handicapés.

Véhicule de l’évolution des mentalités, reflet de la tolérance d’une société moins machiste et xénophobe, le HOG est avant tout le moyen de cultiver entre bikers des valeurs de fraternité, d’entraide et de partage. L’intérêt est d’organiser des raids en groupe, de participer à des rassemblements ponctués de concerts de heavy metal ou de country, et d’animer des manifestations de mordus pour partager leur passion avec le grand public.

Ladies Of Harley : quand le HOG se féminise

Hermann Alves – JK Ladies of Harley 140

Il est vrai que H-D se sentait prisonnière de l’image pas très rassurante que renvoyaient d’elle ses fans les plus durs, donc les plus visibles. Alors, en n’excluant personne, et surtout pas les femmes actives, auxquelles elle a pensé en lançant LOH, Ladies Of Harley, une subdivision du H.O.G. uniquement ouverte aux bikeuses jusque là peu reconnues et mal considérées, la Motor Company a su habilement s’ouvrir à toutes les sensibilités et aux minorités, sans pour autant perdre son âme ni son identité.

Question ouverture aux femmes, il y a un précédent notoire avec les Motor Maids of America, club de femmes motocyclistes fondé en 1940 par Dot Robinson, célèbre bikeuse et fille de concessionnaire H-D. Ce club, toujours actif de nos jours, a pour but de promouvoir les bonnes méthodes de conduite, et de montrer que des femmes bien sous tous rapports pouvaient être à la fois de bonnes bikeuses et de bonnes épouses. Adoubé à l’époque par les dirigeants de H-D, The Motor Maids ( les servantes à moto… no comment !) , dont certaines paradent encore en gants blancs, est une association de femmes qui a préfiguré le H.O.G., de par son organisation, mais aussi en prônant une image respectueuse des lois. En moins rock’n roll, c’est certain !

Le HOG est-il l’avenir de H-D ?

Les membres du HOG ont donc pour mission essentielle de donner une image de convivialité, de softbikers décidés à gommer l’image du hardcore biker, de bons pères de famille bien intégrés dans la société.

Alors, chers propriétaires de H-D, êtes-vous plutôt H.O.G., free H.O.G., ou bien individualistes forcenés, rebelles et teigneux, négligeant le casque pour le bandana ? Aucun problème, chez H-D il y en a pour tous les goûts. Comme dans la nature !

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